Je suis noir et je n'aime pas le manioc
3 500 CFA
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Gaston Kelman a ici rédigé un témoignage sur la condition d'être noir
dans la société française. Il nous livre sa propre perception des
Français d'origine africaine ou Africains de culture française,
regrettant parfois d'être lui-même incompris par les autres noirs. Pour
lui, un noir est un blanc à la peau foncée. Avec des formules piquantes,
Gaston Kelman pointe les a priori que partagent les blancs comme les
noirs. L'un de ses chapitres s'intitule : "je suis noir et j'en ai une
toute petite"<br>"Alors mon brave, dit un officiel français à un émigré
convalescent dans un hôpital de Bamako : toi content repartir en France
regagner sous ! Toi faire quoi en France ?<br>- Je suis professeur de littérature à la Sorbonne, monsieur"<br>Un
Noir, n'est-ce pas, ce n'est pas très intelligent ni très cultivé. Il a
certes de bons côtés : il se nourrit de manioc, il est rieur, enfantin,
doué pour la musique (sauvage et rythmée, pas classique), mais c'est
surtout sous-développé et ça compense par un membre surdimensionné...
Tout le monde le sait.<br>Or, la France compte un nombre incalculable de
ces individus qui font partie intégrante de la nation, comme Gaston
Kelman. L'auteur vit depuis 20 ans en France et se définit avant tout
bourguignon. Fort de son expérience, il dévide avec une verve féroce les
lieux communs qui pèsent sur les Noirs, alternant le sérieux de son
propos avec des anecdotes pathétiques, hilarantes et parfois cruelles.
En véritable sociologue, il porte aussi un regard lucide sur les Noirs
"qui se complaisent trop souvent dans le rôle de victimes".<br>L'exercice
ne doit rien au masochisme : c'est en fait un exposé analytique des
bases du racisme ordinaire, lequel frise le niveau intellectuel de
l'homme de Néandertal.<br>Peu d'essais posent aussi brutalement la
question à laquelle généticiens et anthropologues ont pourtant déjà
répondu : et si le Noir n'était rien d'autre qu'un Blanc à la peau noire
?